lundi 16 janvier 2012

Homeland : Rubicon meets Sleeper Cell - By GRLC/PowerMugen

Diffusée sur la chaîne câblée Showtime du 02 octobre au 18 décembre 2011, Homeland est l'adaptation de la série israélienne Hatufim et raconte comment Carrie Mathison (Claire Danes), agent de la CIA, en vient à suspecter le prisonnier de guerre Nicholas Brody (Damian Lewis, vu dans la série Life) d'être passé à l'ennemi et de travailler pour al-Qaida. La série, renouvelée pour une seconde saison, a posé les bases de ce qu'on pourrait comparer à un croisement entre Rubicon et Sleeper Cell (on vous en avait parlé), qui promet des moments de suspense intenables à qui sait être patient.
D'autant que la série a aussi obtenu cette nuit deux prix aux Golden Globes :  meilleure série dramatique de l'année et meilleure actrice dans une série dramatique pour Claire Danes ! Comme quoi au GTFKrou on a du nez.
Carrie Mathison (Claire Danes)
L'avis de GRLC : une alternative à Rubicon ? (*larmes de joie*)
Grand déçu de l'annulation de Rubicon (cliquez plus haut pour savoir à quel point), c'est avec de grandes espérances que je me suis lancé dans Homeland sur le conseil avisé de PowerMugen. Et j'y ai retrouvé quelques ingrédients qui m'avaient tapé dans l'oeil chez AMC, à savoir : des analystes intelligents mais torturés et renfermés ; des complots dantesques qui parfois ne tiennent qu'à un fil ; enfin une vision sans fard de l'Amérique post-11 septembre - faudrait-il dire, post-post-11 septembre tant le terme a été utilisé dans les années qui ont suivi alors que, plus de 10 ans après, le changement se poursuit ?

Nicholas Brody (Damian Lewis) entre ombre et lumière
Mais Homeland, malgré qu'elle repose essentiellement sur une tension savamment dosée mâtinée de drame psychologique - le prisonnier de guerre, Brody, qui retrouve une femme adultère, une ado rebelle et un gamin qui ne l'a guère connu, et Mathison, qui cache sa maladie mentale - sait épicer son assiette d'une pincée de 24 au bon moment, en ménageant des moments d'action qui vont se multiplier gentiment à mesure que la saison se déroule. L'un des derniers épisodes recèle un petit morceau de bravoure que je n'avais pas vu depuis la dernière saison de Breaking Bad (qui m'avait fait bondir dans mon fauteuil). Entre moments de calme et tension nerveuse, Homeland mène paisiblement sa barque sur la chaîne câblée, loin des obligations de "rentabilité narrative" des networks.

Les fans de Stephen King seront ravis de savoir que Jamey Sheridan (l'impressionnant Randall Flagg dans l'adaptation télévisée du Fléau en 1994) est à présent vice-président !
Sans dévoiler le déroulement des derniers épisodes, la série réserve aussi d'autres surprises, comme ce moment où les scénaristes crament d'un coup plusieurs de leurs cartes pour mieux faire diversion ; c'était malin, casse-cou et efficace. De même, j'ai apprécié la façon dont la maladie mentale de Mathison est progressivement mise à jour, c'est-à-dire pas de la façon à laquelle on aurait pu s'attendre. Elle réserve plusieurs bons moments où Claire Danes révèle des trésors d'interprétations, loin de Terminator 3 ou Stardust. J'ai été proprement bluffé par la façon dont sa maladie est intégrée au cours de l'intrigue, notamment lors de son épisode "synesthésique".

Mandy Patinkin interpète le mentor de Mathison, Saul Berenson
La première saison a aussi l'intelligence de ne pas se terminer sur un climax, un cliffhanger - nous sommes le câble ! - et de prendre le temps de retomber sur ses pieds pour mieux préparer la suite des festivités. J'ai été conquis par l'interprétation solide des personnages - à noter, l'excellent Mandy "Esprits Criminels" Patinkin -, par le déroulement de l'intrigue qui prend ses marques sans se précipiter et par l'atmosphère de paranoïa qui baigne le récit. C'est bien écrit, audacieux parfois, et ça promet de belles heures si les scénaristes évitent le piège de la répétition ; définitivement une alternative convaincante pour les déçus de l'annulation de Rubicon !

Jessica Brody (Morena Baccarin) : mère de famille modèle... ou presque
L'avis de PowerMugen : la meilleure série de 2011 !
Cette année 2011 m'a paru très très pauvre en série, je crevais de faim et n'arrivais pas à trouver un palliatif à toutes ces excellentes saisons / séries qui étaient finies. Puis à force de traîner mes guêtres du côté de Twitter j'ai fini par me dire "tiens ça parle pas mal d'Homeland par ici" et ma surprise fut de taille.

Ambiance paranoïa
Comme l'ami GRLC j'étais accro à Rubicon et Sleeper Cell m'avait laissé un très bon souvenir. C'est donc assez naturellement que j'ai accroché très TRES vite à Homeland. Le rythme de la série était parfait, pas trop intense, pas mou pour un sous, une écriture bien équilibrée et des personnages brillamment interprétés. J'ai presque eu peur de tomber dans de la redite, du bateau, un truc plutôt manichéen avec les terroristes d'un côté et la CIA de l'autre. Et plus la série avance  plus cette sensation de "c'est cool mais" s'est éclipsée pour un vrai plaisir, procuré autant par la maîtrise du scénario que l'émotion savamment distillée à travers certains épisodes clés [SPOILERS : >>> la ceinture d'explosifs quoi ! <<<]

Une famille modèle...
Loin du bourinisme de 24, des scènes presque malsaines de Sleeper Cell ou des mindfuck de Rubicon, Homeland fait preuve d'efficacité. Et cette saison fait figure d'exemple parfait d'équilibre entre une narration un peu complexe, beaucoup de sentiments et d'un peu d'action. Je mise énormément sur cette série et sur la saison à venir, car cette efficacité ne peux qu'être un symptome flagrant d'awesome epicness!

Sans être aussi agressives, les scènes d'interrogatoires n'ont rien à envier à 24 par leur malice.
D'ailleurs si on s'intéresse au cast des auteurs et showrunner de la série on prend une grande claque tant leurs références et les différents parcours sont brillants : de X-files et 24 à Cold Case et Rubicon. C'est même hallucinant de voir toutes ces séries sur lesquels ils ont bossé. Showtime a choisi une équipe de rêve, des acteurs excellents et le sujet est traité avec brio. Je pense que Homeland a toutes les cartes en main pour devenir une des grandes séries des années 2010, elle est en tout cas une des toutes meilleures de l'année 2011.


Powered by GRLC & PowerMugen

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Pour commenter ce billet sans posséder de compte Google, LiveJournal, Wordpress ou Open ID, rien de plus simple, choisissez "Anonyme" ou mieux, "Nom+URL" (le Krou aime les liens !)