mercredi 1 septembre 2010

Muséogames - la revanche de MO5 ? - by GRLC

Super Mario Bros, la légende
 On vous en parlait il y a quelques mois, un Musée du Jeu Vidéo (qui est, en réalité, une exposition temporaire) a ouvert ses portes en avril 2010 au sommet de l'Arche de la Défense, à Paris, sur l'initiative de l'agence Alerte Orange. Deux semaines plus tard, il fermait ses portes, à cause d'un problème d'accès au toit de l'Arche. La situation stagne toujours.

Pendant ce temps, au Musée des Arts et Métiers, l'association MO5, qui milite pour la sauvegarde du patrimoine vidéoludique, s'est enfin vue donner l'occasion d'exposer ses pièces, en partenariat avec le MAM. (cf notre article relatant le conflit Alerte Orange/MO5) Ainsi naquit Muséogames, "une histoire à rejouer", le 22 juin 2010. Prévue pour durer jusqu'au 7 novembre, l'exposition, on l'espère vivement, "préfigure un projet de Musée national des jeux vidéos et des cultures numériques". Deux collections s'opposent : celle du Musée des Arts et Métiers, derrière des grilles, et celle de MO5, entièrement jouable ! Pour la visite guidée, c'est par ici (avec des photos pourries, cela va de soi) !



On pénètre tout d'abord dans l'espace collection, rassemblant les pièces du Conservatoire National des Arts et Métiers, derrière une grille, sagement rangées. Pour l'anecdote, finalement, et le plaisir de voir des machines qu'on avait pas croisées depuis des lustres. Et des machines, il y en a un paquet.
Oui, ce clavier un peu moche est bien un Commodore 64 !
 S'en suivent les salons d'écoutes, où, confortablement installé, vous pourrez écouter des interviews intellectualisant un peu le tout, et apportant la part d'explication qui, autrement, aurait peut-être manqué à Muséogames (contrairement à son concurrent le Musée du Jeu Vidéo, qui expliquait tout dans les grandes largeurs).
 Mais là où Muséogames affiche clairement la volonté de MO5 de créer un véritable musée public (et non privé comme le veut Alerte Orange, qui ne croit pas à l'engouement de l'Etat dans ce domaine), c'est que contrairement à son prédécesseur, deux espaces de jeu sont ici ouverts au public, l'un rassemblant une trentaine de consoles de salon (de Pong à la Xbox, soit la quasi-intégralité des générations de consoles), l'autre hébergeant quelques bornes d'arcades. Et là, bonheur : la très grande majorité sont jouables (seules deux consoles, lors de notre visite, n'avaient pas de manettes et tournaient en mode démo, peut-être juste une histoire de maintenance - dommage, c'était Donkey Kong...).
C'est à ce moment-là que votre coeur de geek fait un bond de six mètres
 Vous vous installez, une fiche explicative vous détaille les contrôles et le but du jeu, et c'est parti pour du Tetris, du Super Mario Bros, du Star Wars Rogue Leader ou du Rayman - et j'en passe ! Tout simplement jouissif. Du côté de l'arcade, j'ai surtout retenu la présence d'Astro City 2, sur lequel j'ai eu l'occasion de dérouiller mes dix doigts. Un pur moment de bonheur.
Pong, l'équivalent vidéoludique de la première séance payante de cinéma organisée par les frères Lumière
Notre testeuse se fait la main sur Pac-Man
L'impressionnante manette de la Jaguar d'Atari
J'ai toujours réussi à battre les gros méchants en prenant une fille. Allez savoir pourquoi. Peut-être venais-je de me prendre trois raclées d'affilée...
 Au sortir de cette session d'une heure et demie (il faut bien laisser la place aux autres), on se dit qu'un musée du jeu vidéo est ce qui manque cruellement au paysage muséal français, et qu'une sortie telle que celle de Frédéric Mitterrand donne quand même de l'espoir : imaginez, 5,50 euros, 3,50 pour les étudiants, comparés aux prohibitifs 10/8,50 euros du Musée du Jeu Vidéo. Imaginez maintenant la différence fondamentale qu'il y aura entre un musée privé et un musée public du jeu vidéo. MO5 lutte pour du public, quitte à attendre et proposer des expositions temporaires, beaucoup plus immersives (bien que moins didactiques) que la tentative d'Alerte Orange. Mais après tout, le jeu vidéo n'est-il pas fait pour être joué avant d'être pensé ?*
Boulder Dash, un jeu sur lequel notre testeuse a passé un quart-d'heure !

Tous les renseignements, interviews et plus sur le site de Muséogames.

*Notre aimable testeuse n'avait jamais touché à un jeu vidéo et n'avait qu'une vague idée de l'univers vidéoludique. Je doute qu'une expo composée exclusivement de consoles derrière des grilles et de panneaux explicatifs auraient eu autant d'effet sur elle - maintenant, je vais devoir lui trouver une Nes pour qu'elle finisse Super Mario Bros.

Bonus track pour ceux qui s'intéressent au conflit Alerte Orange/MO5 : après une pub invasive comme je les hais, ce très intéressant reportage de Clubic vous éclairera un peu plus !

Bonus track 2 : le travail de Manuel Garin est visible à l'expo, et c'est édifiant.

2 commentaires:

  1. Genre vous êtes allez aux arts et métier, mais vous avez oubliez de passer prendre l'apéro !!! :/
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  2. On avait un planning chargé ! Chaud pour monter chez toi ! :/ :) Mais je me rattraperais bientôt... :D
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